vendredi 26 août 2011

215 - Amours dupontesques

Ils se sont dits les mots qu'il fallait. Ni plus, ni moins.

Sans surprise.

Ils ont cru à leur élection. Comme un gagnant du LOTO croit au destin creux prédit par l'écran plat de sa télévision.

A Venise leur bonheur naissant s'est dignement étalé sur une gondole. Futilité immortalisée à grands frais sur papier glacé... Piège à touristes, usine à illusions, Dysneyland pour mariés formatés.

Lune de miel payée à crédit sur cinq ans, vite oubliée.

Cela dit Venise enchanta le compte en banque de leur voyagiste.

Très vite le gros chien a bercé leur foyer de ses aboiements stridents. Concert de hurlements canins rivalisant de cacophonie avec les ritournelles publicitaires de la radio allumée en permanence à côté du poste de télévision.

Bonheur simple d'abrutis primaires.

Routine, canettes de bière, bedaine, boulot, LOTO, jeux télévisés, véranda, vacances...

Ils se sont dits les mots qu'il ne fallait pas.

Classique.

Toujours les mêmes causes.

Divorcés au bout de trois ans de légitime hyménée, l'une a emporté le canapé, l'autre a gardé la voiture.

Après avoir amassé électroménager, tondeuse à gazon, écrans de toutes sortes, bar-mappemonde, canevas, buffets, bouquets de chaînes, commodes, poste-à-souder, remorques pour leur voiture, etc. durant trois ans de consommations matérielles effrénées et contracté des dettes vulgaires -scories naturelles des mariages de crétins-, ils n'ont plus cru aux promesses éclatantes annoncées par la rubrique astrologique de leur revue de programmes télévisés.

Il reste encore deux ans pour rembourser le crédit de la lune de miel à Venise...

Vite oubliée, pas encore payée.

C'était les amours de monsieur et madame Dupont.

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/xjtklf_amours-dupontesques-raphael-zacharie-de-izarra_webcam

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Contre la sclérose des esprits, je propose aimablement ces textes immodestes, cruels, rarement tendres (parfois), mais toujours issus d'une plume soucieuse de froid esthétisme, d'âpre vérité. Ceci afin de rompre agréablement avec les mièvres, inconsistantes, insipides célébrations nuptiales de la Saint-Valentin habituellement en vigueur chez mes frileux contemporains. Les traditionnelles dragées de mariages ont été ici avantageusement remplacées par de savoureux bonbons au poivre. Découvrons sans tarder cette riche brochette de héros provinciaux aux traits psychologiques bien marqués. Issus d'un milieu étriqué, ces personnages pittoresques sont touchants et haïssables, humains et monstrueux, exquis et répugnants. Parmi ces textes divertissants je me suis également permis d'insérer mes réflexions pleines de saine lucidité quant aux rapports des sexes dans notre société de mensonges et de mollesse amoureuses.