lundi 14 février 2011

150 - Une catin pieuse

Je l'avais connue aux abords du couvent : silhouette linéale aux promesses les plus charnelles que l'habit chaste dissimulait avec peine... Sous le voile, Lilith. Une beauté italienne au galbe vénusiaque. Un corps de démon, des yeux d'ange. Je ne voyais plus la soeur, mais la femme.

Soeur Marie-Thérèse était une nonne très pieuse mais qui savait aussi sa chair très faible. Calvaire de cloîtrée... Aussi répondit-elle avec fièvre à mes avances. Si bien que je n'eus guère de peine pour venir à bout de son hymen préservé, la déflorant furieusement dans quelque angle mort de l'entrée du cloître.

Durant l'acte la dévote ne prit pas ombrage de mes feux, ni ne se désola de sa passagère faiblesse. Au contraire elle semblait apprécier le don de ma virilité, une chose si peu modeste... La bonne soeur se comporta comme une dissolue. Mais une fois sa braise éteinte, elle s'en fut comme une damnée, hagarde, afin de se livrer à de sincères pénitences dans le secret de sa cellule.

Ce qui n'empêcha pas que dès le lendemain je l'honorai de nouveau. Ainsi, trente fois dans le mois elle pécha. Elle se savait faible et moi, confusément épris de l'insatiable moniale, je venais tous les jours rôder aux abords du couvent.

La situation n'était plus tenable. Il fallait rompre le contrat des chairs, car si j'étais un chrétien faible moi aussi, j'étais également très scrupuleux. Je conseillai donc à la religieuse de prendre quelque puissant sédatif qui eût permis d'enchaîner ses sens, pour mieux s'en libérer. Elle suivit mon conseil.

Mal m'en prit : j'errai des semaines durant autour du couvent, piteux. La bonne soeur avait été si exquise amante que sa perte me causa un immense chagrin.

Je dus me rendre à l'évidence : la nonne était rentrée dans le rang. Jamais plus elle ne se donnerait à moi. Le sédatif avait sauvé son âme, pensais-je... J'étais ravi de ma bonne action, mais affligé de devoir oublier les étreintes de la bonne soeur.

Âmes pieuses, ne soyez pas offensées, mais la vérité est que Soeur Marie-Thérèse fut le plus grand amour de ma vie et, accessoirement, AVANT les effets du sédatif (ce qui sauve la morale de cette histoire), la plus fieffée catin que j'aie connue sur cette Terre.

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Contre la sclérose des esprits, je propose aimablement ces textes immodestes, cruels, rarement tendres (parfois), mais toujours issus d'une plume soucieuse de froid esthétisme, d'âpre vérité. Ceci afin de rompre agréablement avec les mièvres, inconsistantes, insipides célébrations nuptiales de la Saint-Valentin habituellement en vigueur chez mes frileux contemporains. Les traditionnelles dragées de mariages ont été ici avantageusement remplacées par de savoureux bonbons au poivre. Découvrons sans tarder cette riche brochette de héros provinciaux aux traits psychologiques bien marqués. Issus d'un milieu étriqué, ces personnages pittoresques sont touchants et haïssables, humains et monstrueux, exquis et répugnants. Parmi ces textes divertissants je me suis également permis d'insérer mes réflexions pleines de saine lucidité quant aux rapports des sexes dans notre société de mensonges et de mollesse amoureuses.